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FONDATION ECOLE ROMANDE POUR CHIENS-GUIDES D'AVEUGLES A BRENLES DANS LE CANTON DE VAUD

La fondation

1.

Elever, éduquer et former d’excellents chiens-guides

2.

Améliorer la mobilité, l’indépendance et la qualité de vie des handicapés de la vue

3.

Informer le grand public sur les besoins et droits des non-voyants accompagnés d’un chien-guide

4.

Assurer un suivi et un service optimal à chaque couple homme-chien, tout au long de leur vie


La fondation cherche des familles de parrainage pour s’occuper des chiots Labrador Retriever pendant 15 mois, afin de les préparer au mieux à leur future tâche au service des handicapés de la vue.

Octave et sa marraine : Conradine.

1.

Sélection rigoureuse de nos élèves par notre propre programme d’élevage et avec la coopération d’éleveurs expérimentés

2.

Formation des chiens par des moniteurs diplômés et bénéficiant d’une longue expérience professionnelle

3.

Chaque chien passe un examen en présence d’un expert de l’AI, ainsi qu’un contrôle vétérinaire avant d’être remis à un aveugle

4.

Introduction personnalisée au domicile et suivi du couple non-voyant/chien-guide

L’élevage et la formation de chiens-guides. Le travail avec les personnes handicapées de la vue est très intensif également. Chaque personne intéressée est d’abord renseignée par téléphone. Après avoir reçu une documentation complète sur la fondation et le chien-guide en général, une visite d’une demi-journée est organisée dans notre centre de formation à Brenles. Ce premier contact permet à la fondation d’évaluer la personne concernant ses besoins et attentes par apport au chien-guide et de lui donner tous les renseignements nécessaires lui permettant de faire un choix en connaissance de cause. Ensuite, si la demande est confirmée par écrit, nous organisons une journée d’évaluation au domicile du futur détenteur. Il a alors l’occasion de se déplacer au harnais avec un chien-guide formé. Du côté de la fondation, elle obtient de précieux renseignements concernant la mobilité, le tempérament et les habitudes de la personne. Quand le chien correspondant aux besoins spécifiques du futur détenteur arrive en fin de formation, son moniteur va le présenter à son nouveau maître. C’est à ce moment que les détails pour le bon déroulement du cours d’introduction sont mis au point. Auparavant, le futur détenteur reçoit divers documents ainsi que les signaux auditifs qui lui permettent de se préparer au mieux à l’arrivée de son nouveau compagnon à quatre pattes.

Nous avons concentré nos efforts sur le développement et la consolidation de notre programme d’élevage. Actuellement sept lices et deux étalons, tous d’une excellente qualité, sont à notre disposition. En plus, nous avons, par l’importation de sperme congelé, la possibilité d’utiliser trois excellents talons d’une école australienne. Au courant de l’année écoulée, nous avons élevé quatre portées avec un total de trente chiots. Deux chiots venant d’élevages privés ont également été placés en famille de parrainage. Afin de remercier ces bénévoles qui constituent un maillon indispensable dans la réussite de notre travail, nous avons organisé des journées familiales à leur intention.

Le 31 décembre 2005, 25 chiots étaient placés en famille de parrainage, 16 chiots étaient à l’élevage et 8 chiens adultes étaient en cours de formation dans notre centre à Brenles.

Afin de faire connaître la fondation auprès du public, nous avons cette année encore reçu de très nombreux groupes. 25 groupes d’enfants nous ont rendu visite dans le cadre des « passeports vacances » ce qui correspond à 500 enfants. Afin de pouvoir donner suite à la demande croissante, nous avons augmenté le nombre de nos journées portes ouvertes de six à neuf. Notre désormais traditionnel rendez-vous avec le Comptoir suisse et Animalia a remporté un joli succès auprès du public.

Au mois de mai, nous avons organisé cinq journées de sensibilisation pour les élèves aveugles ou malvoyants du Centre pédagogique pour handicapés de la vue (CPHV) à Lausanne. Nous étions aussi particulièrement heureux de pouvoir donner un cours de sensibilisation pour les futurs moniteurs en locomotion et ceci dans le cadre de la formation professionnelle de l’Union centrale pour le bien des aveugles (UCBA). Parmi les divers groupes accueillis à la fondation, j’aimerais particulièrement relever le groupe des skieurs aveugles, deux groupes d’enfants handicapés de la vue suisses alémaniques en camp de vacances à Moudon, deux représentantes aveugles d’une école en Suède, l’ARPA (Association romande des parents d’enfants aveugles) et la section fribourgeoise de la Fédération suisse pour aveugles et malvoyants (FSA). 

On estime aujourd’hui à près de 70'000 personnes aveugles ou très malvoyantes en Suisse. Les causes sont multiples : des maladies, un manque de prévention ou encore l’âge venant. Sans oublier les accidents. Ces handicaps peuvent toucher tout le monde et pourtant ils restent très méconnus, tant au niveau de la prévention, qu’au niveau des conséquences et des possibilités d’y faire face. Actuellement on ne dénombre que 350 chiens-guides en activité pour toute la Suisse

En 1991, année de la création de notre école, les chiens-guides n’étaient que peu répandus en Suisse romande, bien que les handicapés de la vue avaient la possibilité de se procurer un chien-guide dans un centre en Suisse alémanique. Nous avons remarqué une nette augmentation des demandes, ces dernières années. Actuellement, elle s’accentue encore, car nous sommes amenés à remplacer des vieux chiens-guides qui arrivent à l’âge de la retraite.  

Notre école a parcouru un important développement depuis. En 1995, elle employait deux personnes, actuellement huit. Nous avions en moyenne trois chiens en formation, maintenant nous arrivons à remettre une dizaine de chiens-guides par année. Nous avions 8 à 10 jeunes chiens en parrainage, maintenant 25 à 30. Nous élevions une portée de chiots par année, maintenant il nous en faut au moins quatre à cinq pour arriver à couvrir nos besoins.

Par conséquent, nous sommes à l’étroit dans nos locaux actuels et nous sommes dans l’obligation d’adapter notre infrastructure existante aux nouvelles exigences pour pouvoir continuer à mener à bien notre importante tâche sociale et à fournir des services de haute qualité à nos clients souffrant d’un handicap visuel

Le conseil de la fondation s’est penché sur la question et a accepté le projet de développement de notre infrastructure à Brenles.

Actuellement les préparatifs et notamment les différentes démarches administratives vont bon train et, étant optimistes, nous pensons pouvoir entamer les travaux dans le courant de 2006.

Je saisis l’occasion pour remercier tous nos amis et donateurs de leur infatigable soutien sans lequel nous serions dans l’impossibilité de remplir pleinement notre rôle social. J’adresse également un chaleureux merci aux habitants et aux autorités de notre chère commune pour avoir en son temps accepté l’implantation de notre jeune fondation dans ce charmant coin de pays où il fait bon vivre,k et pour nous avoir témoigné leur soutien à de nombreuses occasions.

Soyez assurés dans notre plus vive reconnaissance pour votre soutien. En parrainant nos activités, vous devenez un maillon indispensable dans une des plus belles histoires de complicité entre hommes et animaux !

 

                                                                  Brenles, en janvier 2006

Les chiens-guides et tous nos services sont entièrement gratuits pour les handicapés de la vue. L’Assurance Invalidité prend en charge 60% des frais, mais nous ne bénéficions d’aucune subvention cantonale ou fédérale. La fondation dépend du soutien de ses amis et donateurs pour pouvoir remplir sa tâche.

RENSEIGNEMENTS

Adresse :
Fondation Ecole Romande Pour Chiens-Guides d’Aveugles
Hauts-Tierdoz
1683 Brenles / Vaud

Téléphone :           021 / 905.60.71

Fax :                     021 / 905.60.95

Compte jaune :      20 – 8552 – 1

E-mail :                 suisse.guidedog@bluewin.ch

Site internet :         www.chienguide.ch


REMISE DE LA CHIENNE OCTAVE A LA FONDATION ECOLE ROMANDE POUR CHIENS-GUIDES D’AVEUGLES A BRENLES DANS LE CANTON DE VAUD

Pascal Aeby avec Conradine Cattin et Octave

Nous arrivons à la fondation le 17 juin 2006 à 16h30. Nous sommes accueillis par Pascal Aeby, formateur en formation pour la Fondation Ecole Romande pour Chiens-Guides d’Aveugles à Brenles dans le canton de Vaud.

Dernière promenade avec Octave à la Fondation. Dans moins d'une heure, nous la laisserons à la fondation... Emotions...

Pascal Aeby va s’occuper d’Octave pour la suite de sa formation. Nous sommes invités à monter à la salle de théorie pour un entretien ou le personnel nous accueille chaleureusement.


Petit parc d'exercice à la fondation à Brenles

On nous propose gentiment une boisson avant l’entretien afin de nous mettre à l’aise. Conradine sait que ce sont les derniers moments qu’elle passe avec Octave et l’émotion est vraiment à son comble. Au premier coup d’œil, nous nous apercevons très vite que Pascal Aeby est un homme qui aime les chiens, et cela rassure Conradine qui me partage son soulagement de savoir qu’Octave va poursuivre sa formation avec une personne telle que lui. Une collègue de Pascal Aeby entre dans la salle de théorie. Octave lui fait sa fête. Pascal Aeby dit d’Octave : « Elle est cool, bonne attitude, j’aime bien !»

Pascal Aeby nous informe qu’Octave va devoir effectuer dans les prochains jours un contrôle des yeux à Oftringen et se soumettre à ce que l’on appelle « le test du coup de feu » afin de savoir si Octave peut, à ce stade, poursuivre sa formation afin de devenir chien-guide pour aveugle.

Un cadre idéal pour l'élevage de chiens

Le « test du coup de feu » consiste à laisser les chiens parcourir un petit chemin. Quelqu’un se cache le long de ce chemin et tire un coup de feu et même, à un moment donné, une fusée qui pète assez fort. La réaction du chien sera déterminante. Il y a des chiens qui, terrorisés, ne font plus rien durant cinq à dix minutes. Pour ces chiens-là, la formation devra s’arrêter là. Le chien doit maîtriser ce stress pour le bien de la personne handicapée de la vue. 

Il devra, durant la première semaine, effectuer ce que l’on appelle « les tests en ville ». Ils permettront de connaître les problèmes éventuels que rencontre le chien (à savoir s’il a par exemple le vertige ou d’autres genres de difficultés). Mais la fondation connaît déjà bien, du fait du parrainage, les différents problèmes que peut avoir le chien.

En fin de formation, il y a un expert de l’AI qui va venir vérifier le binôme entre l’aveugle et le chien, à savoir si le chien arrive à effectuer un trajet entre la maison et le lieu où se rendra l’aveugle. « Nous avons dû apprendre à un chien dernièrement un parcours pour une jeune fille qui devait se rendre à l’université par exemple. Le travail de l’expert est de savoir si ce trajet s’effectue bien et ce, sans encombre » nous dit Pascal Aeby. Ce test n’est cependant pas éliminatoire, à l’inverse du « test du coup de feu » et du contrôle des yeux. On peut le repasser si nécessaire une nouvelle fois. Mais ce dernier examen pour le chien se passe généralement très bien car la fondation travaille dur avec le chien pour arriver à de très bons résultats. L’AI sera prête ensuite à louer le chien à la fondation.

Pascal Aeby se souvient d’un chien extraordinaire, qui avait toutes les qualités requises pour devenir un excellent chien-guide pour handicapés de la vue. Cependant, le chien avait un «  dog attraction » comme on dit, il était complètement fou des autres chiens. Dès qu’il voyait un chien de l’autre côté de la route, il fonçait à sa rencontre, n’étant pas du tout conscient du danger de la route. « On avait beau le rappeler à l’ordre, c’était plus fort que lui » se souvient Pascal Aeby. « Ce ne sont pas toujours que des chiens, ça peut être des pigeons, ou autres animaux. La fondation a essayé de gérer ce problème durant deux semaines, mais elle a dû abandonner l’exercice. Si c’est un problème déjà handicapant maintenant, il devient de plus en plus lourd avec l’âge, le chien ne s’améliorant pas à ce niveau. On peut régler ce genre de problème tout de même s’il n’est pas trop radical, mais s’il l’est, nous ne pouvons pas poursuivre la formation ».  Il existe des chiens qui n’ont pas de rappel par exemple. L’aveugle va promener son chien, le lâche un instant et, lorsqu’il le rappelle, ce dernier ne revient pas… Il fait ce que l’on appelle une fugue. Il y a beaucoup de facteurs qui définissent si le chien est oui ou non apte à devenir chien-guide pour handicapés de la vue. Il faut savoir que sur le nombre de chiens formés, il y a tout de même un bon 50% de chiens qui n’arrivent pas en fin de formation pour différents problèmes tels que cités plus haut.

La fondation élève, éduque et forme d’excellents chiens-guides. L’handicapé de la vue a besoin d’avoir une totale confiance en son chien.

Une nouvelle portée pour ce mois de juin 2006. En 2005, la lettre était le "O" d'où le nom d'Octave. Cette année, c'est le "P". Sont nés Panda, Paddy, Praia, Piora, Polka et Pinga.

La maman d'Octave et sa nouvelle portée.

Nous avons le privilège de voir un nouveau-né ce jour-là. Ne ressemble-t-il pas à Octave 1 année et quatre mois plus tôt ?

Soins particuliers dispensés aux nouveaux-nés.

A la fin des neufs mois de formation, la fondation reprend contact avec le parrain ou la marraine du chien afin de lui montrer tout ce que le chien aura appris durant sa formation lors d’une journée de démonstration. On pourra ainsi voir comment le chien réagit face aux passages pour piétons, comment il évite les obstacles etc… Hormis cette prise de contact à la fin de la formation, la personne qui aura parrainé le chien recevra des nouvelles du chien par la fondation une semaine après s’en être séparé afin de savoir comment se sont déroulés les premiers examens éliminatoires. Ensuite, elle recevra des nouvelles après le premier mois, le deuxième puis le quatrièmes mois de travail. Par contre le parrain ne peut pas prendre de nouvelles de son chien de son plein gré pour des questions pratiques et de disponibilités du personnel. 

Si, durant les examens successifs, le chien ne devait pas être apte à devenir chien-guide, le parrain ou la marraine du chien serait prioritaire sur la liste des personnes susceptible de devenir propriétaire du chien. Il y a toujours une liste d’attente de personnes désireuses de devenir propriétaire d’un tel chien. 

Sur la question que tous les parrains et marraines se posent, à savoir « Comment se comporte le chien le premier jour de la séparation ? », Pascal Aeby se veut rassurant et nous répond ceci : « Il est clair qu’il y a un certain ennui au départ, mais ce sont des chiens qui s’adaptent vraiment vite. Il y a tellement d’effervescence dans le chenil, tellement de distraction. Dès le départ du parrain ou de la marraine, un box est préparé pour le chien, qu’il partage avec un autre chien. Ils ont plein de choses à se raconter (rires…). Il y aura toujours beaucoup de vie autour du nouveau chien. Il y aura certainement je pense un petit stress concernant la nourriture. Lorsque le chien se trouvait dans sa famille d’accueil, il pouvait manger à son rythme. Etant donné qu’il partage chez nous son repas avec un autre compagnon, il devra y aller un peu plus vite. Nous leur donnons un peu plus à manger au départ pour compenser ce stress qui s’effacera très vite avec le temps. Ensuite, il y a le personnel qui s’occupe du chien. L’employé fera tout pour que le chien s’attache à lui. Et puis, les Labradors ont cette faculté d’adaptation. Cependant, dans sa mémoire, il aura toujours une pensée  pour celle ou celui qui s’en sera occupée durant ses 15 premiers mois. Vous semez dans la vie de ce chien quelque chose de précieux et important. Il y aura toujours un lien quelque part ».