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Au bord du Léman, photo: Fatmir

Patrick se livre pour la troisième fois à l'exercice pas toujours simple de l'interview. Plus confiant, plus détendu, il parle sans détour de cette année 2006 qui l'a profondément marqué avec beaucoup de sincérité et simplicité. Il parle de son papa, de ses multiples projets tant au niveau musical que journalistique. A découvrir ci-dessous avec des photos de Fatmir Kalajdzini et Conradine Cattin et quelques photos rétrospectives.

A Lutry en mars 2007... Photo: Fatmir

Neuchâtel, photo: Chloé

Bonjour Patrick,
Tu viens de fêter tes 37 printemps. Comment te sens-tu au passage de ce cap ?

(Rires) Ce n’est pas vraiment un cap. La vie est belle. Je n’ai pas vraiment la notion du temps et puis la crise, on dit qu’elle vient à 40 ans non ? (rires). Cependant, je ne pense pas que l’âge soit un problème pour moi. J’ai la sensation par contre que le temps passe vite, tellement vite que je réalise que ce précieux temps manque parfois à l’accomplissement de projets. Je suis persuadé que nous ne pouvons réaliser qu’une infime partie des projets que nous avons au fond de nous-même, par manque de temps. Qu’à cela ne tienne. Il faut aller à l’essentiel et faire ce qui nous semble prioritaire. Les projets, c’est l’avenir, c’est ce qui nous pousse en avant et ce qui nous empêche de nous asseoir sur nos acquis je pense.

En attendant j’ai passé une superbe fête pleine de surprises. Mes amis proches se sont donnés un mal fou pour que cette journée reste inoubliable. J’en ai été très touché vraiment. Je vous partagerai en images ces merveilleux instants passés en compagnie des gens que j’aime. 

A Lutry

Dans les années 70 avec son papa.

L’année 2006 vient de se terminer. Musicalement mais aussi au niveau personnel, quel bilan en tires-tu ? Tu as été bien éprouvé toi et les tiens par le décès de ton papa, puis celui de ta tante… Comment as-tu vécu tout cela. 

Comme toutes les personnes à qui ces moments d’épreuves terribles arrivent. C’est le lot des humains en général. La disparition de ses parents, de ses amis. 2006 a été une année riche en événements, pas toujours très faciles à vivre. La disparition subite de mon papa a été pour moi un véritable choc émotionnel. Sur le moment, on console ceux qui nous entourent, on soutient les faibles, réconforte et console ses jeunes enfants pour qui cette disparition a laissé des traces. Et ensuite, lorsque l’on se retrouve seul, on réalise à quel point tout peut basculer en peu de temps. Mon papa me manque terriblement. C’est lorsque les gens sont loin que vous réalisez à quel point ils vous manquent. On se croit fort, on dit que ça va aller, mais la douleur de la séparation est là et peut vous submerger à tout instant. Lorsque j’étais adolescent, je n’ai pas toujours eu de bons rapports avec mon papa. Il y avait un fossé entre nous. Problème d’adolescence ? Conflit de générations ? peut-être aussi mais surtout. Mon papa a dû faire face à un fléau auquel il a dû lutter dans sa vie. C'est l'alcool. Il habitait une région où toutes les affaires se faisaient au bistro... Un fléau qui l’a complètement submergé une partie de sa vie, une plaie qui a détruit bien des choses durant des années dans notre famille. Mais ma rencontre avec Dieu a tout bouleversé. Cette rencontre m’a permis de voir mon papa non pas avec mes yeux charnels, mais à travers les yeux compatissants de Dieu. Dieu m’a montré la souffrance de mon papa, ce à quoi il devait faire face jour après jour, ce contre quoi il devait lutter si souvent. J’ai commencé à avoir compassion de mon père, à être proche de lui dans ses luttes continuelles. Et j’ai commencé à l’aimer profondément, d’un amour sincère, un amour venant de Dieu. Mon attitude face à lui a été différente, pleine de compassion et de compréhension. Il l’a ressenti bien souvent, puisque, lorsqu’il se rendait dans ma chambre pour s’entretenir avec moi, lorsque je vivais encore chez mes parents, j’ai souvent vu couler le long de ses joues, des larmes, surtout lorsqu’il me confiait, profondément désespéré, son désir de changer. Il en avait le désir, mais une épreuve qui survenait dans sa vie suffisait pour le faire replonger. C’est comme s’il se battait contre un molosse. Mais souvent nous avons prié ensemble, secrètement. C’est alors que, assis à côté de moi, je mettais mon bras autour de lui en lui serrant l’épaule, comme pour lui dire qu’il y arriverait, que je le comprenais et que je l’aimais. 

A Majorques en 2006

Par la suite je me suis marié, j’ai eu quatre enfants, nous avons eu comme dans toutes les relations père-fils des hauts et des bas, mais beaucoup plus de haut, surtout dans les cinq dernières années de sa vie. J’ai été le témoin de tout l’amour qu’il portait à ses petits-enfants, et surtout l’amour qu’il me portait. Il l’exprimait verbalement de plus en plus ces dernières années. Je l’ai vu sur son lit d’hôpital ce fameux 21 mars 2006. Cela va bientôt faire un an. Les yeux crispés, n’arrivant pratiquement plus à les ouvrir, des traits tirés qui en disaient long sur sa souffrance… Une opération dite courante, qui tourne mal et hop… Tout bascule… Puis ce genre de coma où nous avons l’impression que tout nous échappe. Il n’y a que la prière qui nous tient. Impuissant devant ce lit, on aimerait tellement faire quelque chose, mais tout est fragile. Le 22 mars 2006 au petit matin, il nous quittait… Lorsque j’étais seul avec lui, je lui en ai répété des fois « Je t’aime papa », ces mots souvent si difficiles à dire et que l’on regrette de ne pas avoir dit plus souvent. Grâce à Dieu, j’ai pu le lui dire bien souvent ces « je t’aime » ces dernières années, ces mots qui semblaient si difficile à prononcer dans certaines périodes de ma vie.

Sur la Méditerranée en 2001

J’avais encore tant à lui dire. Mais mon père savait une chose essentiel me concernant, c’est que je l’aimais au plus profond de mon cœur. Et cela est le plus beau cadeau qu’un parent peut recevoir de la part de son enfant. Ne pas s’endurcir pour des futilités et essayer de se réconcilier avec un proche avec qui nous avons eu des difficultés est si important. D’avoir le courage d’aller à la rencontre de ce différent. De ne jamais laisser le soleil se coucher sur notre colère, car, s’il arrivait quelque chose, nous risquerions de devoir vivre amèrement et pour le restant de notre existence, avec ce sentiment de profond regret de ne pas avoir essayé de régler ce différent ou, du moins, d’avoir pu dire à ce proche que, malgré tout, nous l’aimions. Faire cette démarche, c’est la possibilité de se libérer de toute amertume pour vivre en paix. Je connais tellement de gens qui souffrent de ne pas avoir pu dire « adieu » à leur proche avec qui ils étaient en conflit… La fierté nous éloigne bien souvent du bien être. Avoir l’humilité d’aller à la rencontre de ce différent est plus bénéfique que de rester fièrement sur ces positions pour arriver à quoi ? Peut-être au point de non-retour qui sera notre souffrance jusqu’au dernier jour de notre vie… Je ne sais pas pourquoi je vous partage tout cela, mais, lorsque j'avais 18 ans, je me suis rapproché de mon père alors que tout nous éloignait. Et je remercie le ciel de m'avoir permis d'être proche de mon papa, malgré que la vie aurait très bien pu nous séparer comme elle le fait avec beaucoup de familles dans notre société.

A Marjorques en 2006

Quelques mois plus tard, c’est au tour de ma tante de disparaître suite à un accident de voiture. La jeune sœur de mon papa… Une horreur, vraiment. C’est difficile. Je pense bien souvent à mes cousines que j’aime profondément, perdre quelqu’un si subitement. J’ai un grand-papa qui a aujourd’hui 88 ans, il a perdu son fils, sa fille, son épouse… Ca n’est pas facile pour lui non plus… Bref, c’est la vie. Elle est faite de rencontres et de séparations. Le disque que je prépare actuellement est en fait dédié à toutes ces personnes qui ont croisé de loin ou de près mon chemin. Grâce à eux, je suis ce que je suis aujourd’hui. Je pense à ma famille, mes enfants, mes conducteurs spirituels, les personnes que j’ai aimées d’amour ou d’amitié, avec qui j’ai partagé des portions de ma vies, certaines sont toujours présentes, d’autres ne sont plus là, mais ce disque leur est dédié.

A l'Ecole est Finie en juin 2006

Justement, parle-nous un peu plus de ce disque ? Connaît-on déjà la liste des chansons ?

J’entrerai en studio dans le courant du mois de mai pour neuf jours. Le choix des chansons sont là. J’y travaille encore aujourd’hui. Il y aura un inédit « Les yeux du cœur » que j’ai entièrement composé, également une autre nouvelle chanson je l’espère sur une musique de Marc Champod, le responsable de l’Alzac Studio. Une chanson a déjà été enregistrée. C’est « Confidentiel » et cette chanson sera le fil rouge de l’album. Des reprises de la chanson française avec une chanson « Toutes ces vies ». J’ai l’impression, à 37 ans, d’avoir déjà vécu trois vies en une. Une vie de célibataire, une vie d’homme marié avec des enfants, et une vie d’homme divorcé. Ces trois portions de vie sont si différentes l’une de l’autre, mais il y a comme un espèce de fil rouge que l’on retrouve dans les trois portions. Ensuite il y aura également un duo sur un gospel. Je pense qu’il s’agira de « Oh Happy Day » mais il y a également un autre standard gospel que j’aime particulièrement. Il s’agit de la chanson « In The Garden » que j’aimerais beaucoup chanter avec Carole Francey si elle peut être disponible pour les dates du studio. Ensuite il y aura également je l’espère un duo avec Laeticia avec la chanson «En ton nom » mais également « Changer » qui ne figurera pas sur l’album mais que les internautes pourront gagner au travers d’un jeu qui sera organisé pour l’occasion sur le site. J’aimerais également reprendre la chanson de Phil Collins « You’ll be in my Heart » que j’aime particulièrement. Cette chanson a été tirée du meilleur dessins animés de Walt Disney à mon avis. C’est Tarzan. Phil Collins est également l’un de mes chanteurs préférés avec Josh Grobran et Matthew Ward. Ensuite la chanson « Quand on n’a que l’amour », « Ne me quitte pas » des standards de la chanson française et une chanson un peu plus gaie de Gilbert Montagné « Le Sunlight des tropiques ». Ce sont des vœux, maintenant, le choix définitif se fera avec Marc Champod qui est de très bon conseil. Il y a également la reprise d’ « Ecris l’histoire » que beaucoup de personnes dans mon entourage aime. Sans oublier le chanson « Elle est » et « Demain c’est toi ». Ce sont toutes des chansons que j’ai à cœur. Le choix est difficile, j’aimerais qu’il soit cohérent. Je pense que cet album sera un bel album, avec des chansons que j’aime.  

A Bellechasse en décembre 2006

Tu as parlé d’un projet de single avec les Etablissements de Bellechasse dans un billet que l’on retrouve dans ton blog. Peux-tu nous en dire plus ?

Bien entendu. C’est une merveilleuse histoire qui va je l’espère du fond du cœur aboutir. Tout a débuté avec le parrainage d’un chiot par Conradine Cattin, que vous retrouvez dans la rubrique Bien-Etre du site. Elle a accueilli chez elle une jeune chienne Labrador et l’a élevée durant un an afin qu’elle devienne une chienne-guide pour aveugle. Au travers de ce parrainage, Conradine m’a fait connaître la fondation Ecole pour chien-guides pour aveugles à Brenles. J’en ai été profondément touché et ai désiré faire un reportage sur cette école en interviewant Conradine Cattin, la marraine du chien, mais aussi le formateur qui s’est occupé du chien durant les mois qui ont suivi le parrainage. Une petite campagne publicitaire a été préparée par notre team du site internet www.patrickwaeber.ch qui a permis à plusieurs personnes de découvrir cette fondation. Monsieur Philippe Tharin, directeur des Etablissements de Bellechasse, touché par ce reportage, a émis l’idée de venir en aide à cette fondation. Connaissant mon gout pour la musique, connaissant également certains de mes projets, il m’a associé à Monsieur Philippe Demierre, directeur de chorale et musicien, afin de monter le projet de la production d’un CD single aux Etablissements de Bellechasse en faveur de la fondation Ecole pour Chiens-guides pour aveugle. Nous nous y attelons depuis décembre 2006. Nous préparons à ce sujet une nouvelle rubrique afin de pouvoir suivre ce projet. Ce  n’est encore qu’un projet, mais des détenus séjournants aux Etablissements de Bellechasse se sont déjà manifestés pour faire partie de l’aventure et pour donner un peu de leur temps pour la bonne cause. J’ai moi-même offert ma chanson « Les yeux du cœur » pour ce projet, une chanson qui est vraiment bien appropriée.

Avec Valdete Seferi en février 2007

Tu t’es produit plusieurs fois en 2006 à l’Ecole est Finie, à Mon Repos à la Neuveville, mais aussi à Grolley, Sugiez, Morges… Quels souvenirs gardes-tu de ces moments ?

Ce sont toujours des moments vraiment particuliers que de chanter devant des gens. Vous partagez ce qu’il y a au fond de vous, vous faites connaître et défendez les chansons que vous aimez. Je suis heureux de pouvoir apporter, ne serait-ce qu’à une infime partie des gens qui sont présents, un peu d’émotion et de chaleur. Sur tous les concerts que j’aurai fait cette année 2006, aucun n’a jamais été pareil. J’ai travaillé sur de nouvelles reprises pour le spécial 60 ans de Sheila à l’Ecole est finie le 16 août 2006. Mon répertoire a toujours été adapté au genre d’événement auquel j’étais invité. Chaque soirée fut différente, c’est ça qui est passionnant. Je chante avant tout pour mon plaisir et lorsque vous avez du plaisir à chanter, automatiquement, ça se voit et ça s’entend. Si le plaisir n’était pas là, je ne chanterais pas, mais chanter c’est un peu ma vie. J’ai toujours autant de plaisir à découvrir de nouvelles chansons, nouvelles reprises. Mais les réelles nouveautés furent, à la fin 2006, les rencontres avec Thomas Vianna, Valdete Seferi et le groupe Aquavita. J’ai rencontré ce groupe tout d’abord aux Etablissements de Bellechasse où je chantais trois chansons en duo avec Valdete Seferi « Something stupid » ; « Sous le vent » et « Changer ». Les Aquavita étaient les invités d’honneur de la soirée. J’ai partagé quelques mots avec eux et suis allé voir leur concert à Puidoux fin décembre. Ils m’ont invité à chanter quatre chansons avec eux et ce fut un véritable plaisir. Je vous partagerai bientôt quelques clichés de la soirée effectués par Conradine Cattin qui était présente ce soir là. 2007 a démarré sur les chapeaux de roues comme on dit. Ma rencontre avec Thomas Vianna à Mon Repos où nous avons chanté en duo des standards de la chanson française fut une vraie nouveauté et un réel privilège. Ma rencontre musicale avec Valdete Seferi avec qui j’ai chanté « Quelques mots en ton nom » en duo à Grolley février 2007 fut un vrai bonheur. J’ai chanté plusieurs autres duos avec elle et je réalise que les duos, ça me « botte » vraiment. J’ai toujours aimé chanté en duo, c’est comme ça. Ca doit venir de mes grands-parents paternels qui chantaient à toutes les occasions des chansons à deux voix. J’ai proposé à Laeticia et Carole Francey de venir chanter en duo avec moi sur mon disque. Elle m’ont donné leur accord. Alors, si leur planning s’accorde avec les dates du studio, je pense que l’on va pouvoir se faire plaisir.

Avec son fils Matthieu.

Avec sa fille Marine.

Avec sa fille Chloé

Avec sa fille Julie

Tu nous as parlé juste avant d’avoir eu l’impression d’avoir déjà vécu trois vies en une seule, notamment avec ta vie d’homme divorcé aujourd’hui. Il y a quelques temps, une émission sur la TSR1, Temps Présent, était consacrée aux pères divorcés. Le reportage parlait de la difficulté des pères divorcés à être reconnu en tant qu’être humain qui avaient des sentiments. Tu es un homme divorcé avec quatre enfants. Quelques questions nous sont parvenues dans ce sens te concernant. Désires-tu nous dire quelques mots ? 

On m’a souvent posé des questions sur ma situation d’homme divorcé avec enfants. Je n’y répond pas forcément car je pense que c’est un peu personnel. Chaque parcours est différent. Mais comme c’est un sujet d’actualité, alors je vais exprimer mon opinion. 

En ce qui me concerne, il ne faut tout de même pas tomber dans le misérabilisme. Je ne suis pas à plaindre et loin de là. D’autres événements que doivent vivre certaines personnes méritent d’avantage de compassion et d’intérêt. Je pense que les épreuves de la vie vous rendent plus fort et que si je n’étais pas passé par là, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Je ne prétends pas être quelqu’un de bien et de parfait, loin de là, mais j’apprécie ce que je suis devenu. Un divorce laisse des traces, mais pour moi, le souci reste celui du devenir des enfants, lorsqu’il y en a. De leur équilibre et de leur bien-être. Il faut mettre en avant ce point. Ils ne sont pas responsables d’une rupture. Mes enfants, je les aime d’un amour profond. C’est vrai que ça n’a pas été facile pour moi d’être séparé d’eux subitement. Sentir que l’on me considérait juste comme une usine à fric et avoir l’impression de n’être qu’un animal sans cœur, c’est difficile. Je suis pourtant leur père et j’ai tant d’amour à leur égard. Malheureusement, c’est ainsi que les lois voient les pères. Les choses vont peut-être changer dans l’avenir, je l’espère, mais l’on attribue le côté sentimental à la mère et au père la responsabilité d’amener assez d’argent pour faire vivre tout le monde en oubliant que le père est avant tout lui aussi un être humain. Je sais que pour les mères ce n’est pas toujours facile non plus. Mais je pense qu’il y a vraiment des extrêmes. Que le père soit dans la misère, ça c’est le dernier souci d’un tribunal. Beaucoup de pères divorcés se retrouvent à la rue faute de moyens. Ils doivent même quelques fois payer une chambre d’hôtel afin de pouvoir voir les enfants. Inutile de vous dire qu’ils ne peuvent les voir très souvent, faute de moyen et c’est injuste. J’ai été très admiratif, en regardant l’émission dont tu parles, du père qui s’était fait un « chez soi » dans une caravane avec les moyens du bord, et ayant intégrer à son modeste projet une place pour ses enfants. Les dessins avec des cœurs qui étaient collés partout m’ont fait pensé à ceux de mes enfants.  Pour ces pères, il est pratiquement impossible de refaire leur vie, de retrouver une vie sociale. Faute de moyens. C’est ainsi. Alors il y a d’autres solutions, pour autant que l’on rencontre les bonnes personnes. J’ai le privilège d’avoir rencontré, tout au long de ma vie, avant, après mariage et avant et après divorce, des gens sur qui j’ai pu compter, des personnes merveilleusement humaines et compatissantes. Je vis en co-location depuis bientôt deux ans. Un ami divorcé me l’a proposé alors que j’occupais un appartement durant trois ans mais qui n’était pas adapté à mes quatre enfants. J’ai ainsi pu louer un duplex suffisamment grand pour accueillir mes quatre enfants durant les week-ends et les vacances. Tout cela pour un prix abordable puisque nous sommes deux à payer. Je considère tout cela comme un privilège et j’en suis si reconnaissant. Savoir que nous avons un toit, une solution pour entretenir au mieux cette relation père-enfants, c’est un gros poids en moins dans la vie d’un homme divorcé.

Quels sont tes projets pour cette année 2007 ?

Tout d’abord l’enregistrement de mon disque en mai prochain. Je m’enferme dans un studio pour neuf jours et j’espère que de belles choses vont y sortir. Il n’y aura de ce fait que très peu de concerts cette année jusqu’à la sortie du disque. Ensuite, il y a bien entendu ce projet de single aux Etablissements de Bellechasse, une aventure dans laquelle je m’engage depuis décembre 2006. Philippe Demierre, responsable du chœur formé pour l’occasion par des détenus aux Etablissements de Bellechasse, travaille déjà sur la chanson « Les yeux du cœur » qui est véritablement appropriée à ce projet. Le deuxième travail consiste à trouver des sponsors pour le financement de ce disque. Un travail assez prenant mais nécessaire afin de dégager le maximum de bénéfice pour la Fondation Ecole chiens-guide pour aveugles de Brenles. Je travaille sur la présentation de la fondation et sur ses besoins afin de sensibiliser les futurs donateurs. Ensuite, une fois que les fonds seront réunis, nous allons faire appel à Marc Champod, responsable de l’Alzac Studio, afin de travailler en studio pour la musique de la chanson. Ensuite il viendra avec un studio mobile enregistrer les voix aux Etablissements de Bellechasse. Il y a beaucoup à faire, mais l’essentiel est qu’il y ait du cœur à l’ouvrage, et je peux vous dire qu’il y en a. Ensuite, il va falloir préparer la sortie de mon album, organiser une soirée dédicace pour sa sortie et en faire la promotion, déjà sur le site internet et tenter de le faire connaître le plus possible dans les médias et dans les foyers. Tout ce qui sera fait ne sera que du plaisir pour moi. Ensuite, il faudra également s’occuper de la couverture médiatique de la sortie du single, indispensable afin de faire connaître au grand public notre travail et notre désire de soutenir cette fondation. Voilà, mais de toute manière, vous serez toujours informé de tout ce qui se fera sur ce site internet. Vous n’allez louper aucune des étapes de ce projet. Ensuite je désire poursuivre le travail sur mon site internet et proposer de nouvelles choses, notamment une nouvelle rubrique appelée « Enquête » qui parlera des grands mystères de notre planète. Je travaille actuellement sur un sujet qui concerne les attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Je songe également à une suite du reportage sur la Fondation Ecole pour Chiens-Guides pour Aveugles à Brenles, en interviewant l'aveugle qui aura le privilège de pouvoir travailler avec la chienne Octave, parrainée par Conradine Cattin et qui va se trouver prochainement en fin de formation. C'est une personne habitant à Morges qui recevra Octave chez elle. Une nouvelle vie va commencer pour elle, et mon désir, avec le consentement de la personne aveugle, serait d'interviewer cette dernière afin de comprendre l'importance d'un chien-guide dans la vie d'un aveugle.

En route pour de nouvelles aventures...

Propos recueillis et interview menée par Eric Geiser sur les questions des internautes